La Fnac proposait dernièrement une offre commerciale comprenant la liseuse Sony PRS 505 et un bon d'achat permettant le téléchargement gratuit d'un livre. Une occasion de tester le service de téléchargement de livres électroniques de la Fnac.
Un rapide tour d'horizon sur le site montre que l'offre reste maigre. Un lecteur exigeant sera déçu. Dans la rubrique mémoire et biographies, on trouvera pêle-mêle, Mylène Farmer, la star aux deux visages, Les bébés congelés de Séoul, ou 80 énigmes médicales. Pourquoi pas… Mais ne blamons pas la Fnac. Sur ce point, elle reflète la frilosité de l'édition française vis-à-vis du livre numérique.
Comme l'indiquait Antoine Gallimard, PDG des éditions Gallimard, en conclusion de sa tribune dans le Monde du 30 octobre 2009, "Il faut à tout prix que cette période de grandes transformations techniques et culturelles (?), où il est encore temps d'agir, ne soit pas celle des décisions absurdes et irrévocables".
A voir la manière dont la Fnac envisage la distribution du livre électronique, il y a tout lieu de penser que certaines décisions absurdes ont déjà été prises par certains.
Le téléchargement à la mode Fnac est complexe et, reconnaissons-le, assez peu à la portée de l'internaute néophyte.
Trop de livres sont encore proposés au format PDF, simple transfert de l'édition papier, sans aucun travail d'adaptation de la part de l'éditeur. Or, le PDF malgré ses nombreux atouts sur un ordinateur n'est pas un format adapté à la lecture sur une liseuse.
On pourra aussi gloser sur les tarifs proposés par la Fnac, peu attractifs par rapport à ceux d'une édition papier vendue en librairie. Je sais bien que l'on entend ici ou là des voix qui s'élèvent contre cette politique tarifaire des éditeurs, mais nous sommes face à un problème complexe.
Ou bien les éditeurs vendent des livres électroniques à des prix cassés, tenant compte de leur moindre coût de fabrication (pas d'impression et pas de frais de distribution) et ils prennent alors le risque de mettre en difficulté le réseau des libraires. Une voie bien sûr inacceptable.
Ou bien les éditeurs restent sur cette ligne "Maginot" d'un prix de vente du livre électronique quasi identique de celui de l'édiion papier et ils prennent alors le risque de voir se développer le piratage.
Il sera difficile de trancher ce noeud gordien. Pour l'instant il n'existe pas de solution idéale.
Mais revenons à la Fnac. Ayant besoin à titre professionnel du livre Bien rédiger pour le Web (Isabelle Canivet - Editions Eyrolles), je décide de le télécharger sur la plateforme de la Fnac.
Sans entrer dans les détails, la prise de commande est complexe et comprend trop d'étapes avant d'aboutir enfin au transfert physique sur son disque dur.
La solution technique retenue, une lecture sur son ordinateur avec Adobe digital solution, est lourde et peu pratique. Le site de la Fnac indique d'ailleurs qu'en connectant directement le Sony PRS 505 on peut faire glisser sur sa liseuse le fichier depuis Adobe digital solution. Après une dizaine de tentatives, je ne suis jamais parvenu à le faire.
S'agissant d'un livre destiné à préparer un cours, je pensais naïvement qu'il me serait possible de le surligner et de l'annoter comme je le fais avec n'importe quel PDF. Là encore, ce fut impossible. En effet, le fichier téléchargé est protégé et il n'est pas possible de le lire avec un autre logiciel.
Devant tant de limitations, je me suis résolu à acheter l'édition papier sur Amazon (un comble), le fichier PDF étant relégué dans les oubliettes de mon disque dur.
Les intentions de la Fnac sont certes louables, mais nous sommes encore très éloignés d'un vrai service de téléchargement de livres numériques. Affaire à suivre…